RENAULT ONDINE - 1961

Dès le début de l'aventure Dauphine, Renault a des visées américaines. La 4 CV, déjà vendue outre-Atlantique, suscite une certaine curiosité. Dès 1955, Renault crée aux États-Unis la société Renault Incorporated. La Dauphine est tout d'abord appréciée car elle propose une alternative intéressante à la Volkswagen. Mais les hivers nord-américains sont loin d'être aussi tempérés que ceux de la douce France et la Dauphine succombe rapidement au cruel syndrome de la rouille, sans compter que la batterie ne supporte pas le froid. Dans un environnement où les grosses voitures ont la cote, la Dauphine perd rapidement le peu d'intérêt qu'elle avait suscité. Les modèles vendus aux États-Unis affichaient "Special U.S.A" tandis qu'au Canada, ils portaient l'étiquette "Special Canada".

Compte tenu de cette carrière éphémère chez nous, il est rare de voir une Dauphine dans nos expositions de voitures anciennes. Selon Paul Chevrier, ex-propriétaire de cette Dauphine photographiée à l'été 2005, il n'y en aurait que trois ou quatre en parfait état au Québec. Pour Paul Chevrier, cette voiture est "comique", dans le sens où elle attire les sourires et les regards enjoués.

Malgré sa faible cylindrée, la Dauphine se sent très à l'aise à une vitesse de croisière raisonnable (plus ou moins 90km/h) et elle peut chatouiller les 120km/h à condition qu'il ne vente pas trop. Le faible poids sur les roues avant la rend en effet sensible aux bourrasques. Il paraît que Renault vendait dans le temps des poches de sable que l'on plaçait dans le coffre avant.